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999. Galaxie Slide - Des orages de feu

Les fantastiques aventures du doigt en chanteur

Production : Jean Luc Tudou

Diffusion : Le samedi à 13h30.


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« Galaxie slide  » sur R’d’Autan tous les Samedi à 13h30
en téléchargement sur www.rdautan.fr/
Contacts : slide.guitar hotmail.fr

Des orages de feu

En s’approchant du soleil, les comètes font naître derrière elles des orages de feu provoqués par le réchauffement. Ce long panache incandescent qui illumine le ciel constitue ce que l’on appelle la queue de la comète, une manière d’évoquer la continuité d’une trajectoire qui se marque en libérant un sillage étincelant, celui d’Elmore James par exemple. La queue de la comète, c’est en quelque sorte le dernier flamboiement avant l’extinction, mais ce n’est pas le chant du cygne, car les comètes reviennent périodiquement et scandent les mouvements célestes. Ainsi le disque a-t-il fait connaître au cours des années soixante une nouvelle génération d’ artistes qui ont réactualisé la pratique du slide pour déchirer leurs blues de traits fulgurants.

 
La fièvre et les frissons les 3 ,10 et 17 Mars

L’ émission du 17 Mars sera coanimée avec Jean-Paul Lopez, guitariste slide. Il proposera ses « hit » de Luther Allison et donnera sa vison de ce grand guitariste

Luther Allison était doté de la force rédemptrice qui lui a permis de reconquérir le public américain après avoir dû le délaisser pour s’installer dans le vieux monde, à Paris très précisément. Il faut y voir toute la détermination d’un homme habitué à donner sur scène le maximum de lui -même , un investissement corps et âme dans le blues marqué par des traits de slide saillants. Ses maîtres sont Elmore James et Hound Dog Taylor auquel il rend un hommage musical de 10’ dans son concert parisien.

Depuis sa disparition en 1997, chacun s’accorde à reconnaître aujourd’hui que le monde du blues a perdu l’un de ses représentants dont la force explosive était la plus manifeste. En 1951, sa famille s’étant déplacée à Chicago, il s’est trouvé immergé dans l’univers musical ambiant, « Cela, a déclaré Luther Allison, a été mon école » En colorant sa musique d’autres apports comme la soul, le rock , le funk, le reggae et le jazz , il a gagné en popularité et s’est fait connaître sur le vieux continent , en Allemagne et en France notamment où il avait emménagé dés 1977.

Au delà du guitariste accompli qu’il était, Luther Allison a séduit par la façon dont il faisait corps avec sa guitare et par le véritable dialogue qu’il instaurait avec elle en la faisant littéralement parler, la considérant comme un autre lui-même. L’ énergie qu’il dégageait sur scène ne se mesurait pas simplement à la longueur de ses concerts qui pouvaient durer jusqu’à trois heures. Son jeu de guitare était puissant, éblouissant même et inspiré. Il s’exprimait d’une façon à la fois féroce et élégante lorsqu’il cédait à l’influence de B B King.

Mais surtout son chant aux intonations tout droit sorties de l’âme, il l’accompagnait de modulations soul qui lui donnaient une profondeur quasi religieuse. Ce sont d’ailleurs principalement ses albums de concert, enregistrés live, qui ont le plus contribué à sa notoriété auprès de fans. Ils appréciaient son investissement sur scène, ses longs solos de guitare et la forte empathie qu’il créait avec son public.

 Le gardien de la flamme le 24 Mars

« Keepers of the flame », le gardien de la flamme , c’est le nom d’un des derniers albums de Joseph Benjamin Hutto. Et effectivement, là où il passait, il ne manquait jamais de faire monter la tension jusqu’à l’ incandescence avec son bottelneck de feu, et ses exhibitions dans des tenues flamboyantes, suivi de son long câble de guitare. La scène était trop petite pour lui , il allait dans la salle au contact du public et sautait de table en table tout en jouant : c’était un showman incomparable.

En fait, c’est avec son propre groupe, constitué au milieu des sixties que J B Hutto était bien. A l’école d’Elmore James, il enregistre en 1954 pour le label Chance quelques titres qui ne lui permettent pas de décoller. Et puis une épouse en colère contre son mari lui a cassé sur la tête la guitare de J B Hutto au cours d’une soirée. Il a donc tout abandonné pour devenir concierge d’une entreprise funéraire, le Chicago Funeral Hall. Il se produisait le Dimanche au Marché aux puces de Maxwell Street et c’est là qu ’en 1965 il fut identifié par Sam Charters pour graver quelques faces.

Mais J B Hutto est surtout connu grâce à ses enregistrements pour Delmark : avec sa « Hawk Squat » , le titre d’un de ses albums de 1968 avec « Slidewinder » et « Stompin’ at Mother Blues ». Ses faces enregistrées pour Testament deux ans plus tôt étaient déjà d’un très haut niveau , il s’agit de « Master of modern blues » avec Big Walter Horton, le bassiste Lee Jackson et le batteur Fred Below. C’est ainsi qu’il portera le flambeau avec un groupe constitué sur mesure qui sera pour son slide à vif un véritable écrin, comme en attestent les divers disques qu’il a enregistrés avec lui, surtout dans les années soixante dix.

Ce qui ressort clairement de toutes ses faces, c’est le climat dramatique intense crée par cette guitare au jeu répétitif, dense et agressif qui accompagne son chant tendu d’une très grande âpreté. À la fin des années 1970, Joseph Benjamin se déplace à Boston pour reconstituer son escadrille de faucons : « The New Hawks » avec lesquels il enregistre plusieurs albums pour le label Varrick. Son héritage perdure à travers la carrière de son neveu Lil Ed Williams qui s’exprime dans un style très marqué par l’influence familiale. Les jeunes bluesmen britanniques ont également rendu hommage à ses compositions : « Too Much Alcohol » par exemple a été popularisé par Rory Gallagher. Deux ans après sa disparition en 1983, J B Hutto a été accueilli au sein de la Blues Foundation et il a intégré le Blues Hall of Famer.

 Les éclats fulgurants de Petit Jean le 7 Avril

Très marqué par le jeu en slide d’Elmore James, John Littlejohn est un enfant du Delta. Dés son plus jeune âge, il a entendu les artistes locaux lors des festivités du week-end, à proximité des échoppes de frites et de poissons grillés. Il quitte la maison en 1946, tout juste âgé de 15 ans pour séjourner dans l’Arkansas et dans le Mississippi, à Jackson, un carrefour musical incontournable. C’est là , lors de sa participation à des émissions de radio que John Fuchness sera gratifié de son nom de scène, John Littlejohn, qu’il gardera durant toute sa vie. Son style portera la marque indélébile du slide incisif et du chant incantatoire qui créent ce souffle dramatique caractéristique d’une affirmation identitaire qu’il a su préserver en jouant pour le prolétariat du ghetto . Ses accents du Delta le font connaître dans la banlieue Sud où il va être très actif de 1950 à 1980 en se produisant régulièrement dans les petits clubs.

Ignoré des producteurs entre 1968 et 1985, John Littlejohn apparaît comme l’un des trésors cachés du blues de l’après guerre à Chicago, un musicien bien ancré dans la tradition du Mississippi et qui a su intégrer les apports de ses prédécesseurs. Loin des sunlights, sa carrière linéaire est interrompue brièvement en 1957 où il devient mécanicien auto, mais au bout de trois ans , il reforme un petit orchestre dont l’audience lui permet de se joindre occasionnellement au grandes vedettes du blues comme Jimmy Rogers, l’accompagnateur préféré de Muddy Waters. Il s’associe avec lui de 1969 à 1971 et ils feront une tournée en Finlande. Ensemble, ils participeront au festival de South Bend dans l’Indiana et John Littlejohn retournera en Finlande en 1975 pour le festival de Pori.

Il avait étendu son audience grâce à la marque Arhoolie qui cherchait à la fin des années soixante des représentants de la scène du blues à Chicago dans la continuité d’Elmore James. Son jeu au bottleneck aux inflexions tranchantes et sa voix gutturale et profonde faisaient en effet de lui l’un des derniers représentants du blues en slide à Chicago capable d’irradier le public. Dans sa quête des titres emblématiques qui ont marqué l’évolution de son jeu de guitare, Rory Gallagher ne manquera pas de restituer avec sa personnalité musicale le thème que Willie Dixon avait écrit pour John Littlejohn : « What in the world you goin’to do ». Un long hommage de 7’ dans son album de 1972 « Live in Europe », une manière élégante de prolonger l’œuvre de celui qui nous a quittés en 1994. Mais ses traits de slide continuent de zébrer le ciel.


Les textes font référence à une publication à paraître :
« Petite mythologie du slide », un ouvrage sous copyright écrit par Jean Luc Tudou, producteur de l’émission. Tous droits réservés sauf autorisation de l’auteur.

Voir en ligne : Page facebook

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